27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 09:42
Après le virus, panser le monde… (LinkedIn le 25 mai 2020)

Et si cette crise virale était l’occasion de calmer nos extravagances, nos démesures pour nous remettre en mouvement, ensemble, vers plus d’humanité… ?

Avec les ravages du Covid-19 sur la marche du monde, beaucoup se demandent à quoi ressemblera « l’après » ? Avec en général trois questionnements sous lesquels se trouvent une certitude individuelle : allons-nous reprendre à l’identique le cours de l’histoire, c’est-à-dire… accélérer ? allons-nous définitivement cesser la marche du progressisme, c’est-à-dire… revenir quelques siècles en arrière ? ou bien, allons-nous transformer ce monde, c’est-à-dire… nous mettre à réfléchir sérieusement à ce que nous en avons fait jusqu’à présent et à ce que nous pourrions en faire ?   

Nos extravagances en question. Car quand on entend aujourd’hui nos craintes, nos peurs, nos alarmes ou parfois nos révoltes…,  transformer plutôt qu’accélérer ou rétropédaler, semble la voie la plus raisonnable. Mais cette option suppose de se mettre d’accord sur un corps de constats dont voici quelques traits marquants : depuis plus de deux siècles, nous avons mené notre monde comme un cheval à qui on aurait laissé la bride sur le cou. Avec comme résultat beaucoup d’extravagances : extravagance d’un gigantisme technique énergivore qui a largement profité de la nature tout en la polluant aveuglément ; extravagance d’une avidité obsédée par le chiffrage de tout ce qui bouge ; extravagance qui n’a eu de cesse de déconsidérer l’Homme en morcelant son travail, parfois même en l’en privant, faisant de lui, au mieux un « intermittent de la production », au pire, un exclu de pans entiers de l’économie : n’est-ce pas le bon moment de nous souvenir que, dans cette crise, nous devons notre survie davantage à la solidarité de ceux qui comptent peu (dit-on…) qu’à celle de ceux qui comptent beaucoup… ? Extravagances encore dont celle qui fait de chacun un consommateur manipulé de l’inutile et, demain, un corps à manipuler car cela rapporte ; extravagance d’une ouverture mondiale frénétique dont l’exigence de processus à flux tendus écrase le temps individuel ; un temps individuel désormais assailli par tant de distractions venues des réseaux, si rieuses et ricaneuses que le temps de penser à l’essentiel est réduit comme peau de chagrin…, la liste de ces extravagances et de nos abandons est longue !

Extravagances et démesures aux conséquences destructrices quand on songe à la fonte des glaces, à la libération des gaz contenus dans le permafrost, à l’acidification des océans, à la disparition de la biodiversité… Et je ne parle pas du cauchemar, une fois les seuils fatidiques franchis, des basculements envisagés par les spécialistes vers des suites inconnues comme le réchauffement climatique, sans leviers de commande maîtrisés, faute tout simplement, d’expérience… Exemple pratico pratique : que ferons-nous des étés torrides à venir qui nous feront désirer la fraîcheur des caves (encore faudra-t-il en avoir une…) ?  

Avec le virus, nous sommes désormais masqués. Mais demain, faudra-t-il que nous soyons gantés, peut-être même vêtus comme des cosmonautes débarqués sur Mars… pour nous protéger des risques viraux d’un monde animal sauvage rendu de plus en plus proche dans le seul but d’exploiter le marché juteux qu’il représente (la thèse de la proximité est confirmée par les plus grands épidémiologistes de terrain en Asie mais aussi en Occident).

La réalité est que, depuis 40 ans, nous assistons au retrait d’une puissance politique dévêtue peu à peu de ses rôles collectifs de long terme au profit de la puissance technico économique vissée sur son intérêt à court terme. Or une fois les dégâts constatés comme autant de boomerangs pris en pleine figure, cette puissance politique est maintenant appelée à reprendre ses habits de sauveur suprême avec les quelques guenilles qui lui restent…

Bien que légion, de telles aberrations peinent pourtant à nous faire comprendre une réalité simple : nous produisons nos malheurs avec une désinvolture telle que la fameuse phrase attribuée à Bossuet déplorant ceux qui maudissent les conséquences de causes qu'ils vénèrent n’a jamais été autant d’actualité.

Bref, nous déciderons-nous un jour à cesser de jouer avec le feu et à calmer un système économique que rien ne semble arrêter ?

« Pourtant, ce système sans doute trop technique, trop disproportionné, trop économiste, trop… a su sortir de la pauvreté des millions de gens de par le monde » rétorque-t-on le plus souvent quand il s’agit de le défendre. Mais que vaut un tel argument quand on sait que ceux-ci seront les premiers « bénéficiaires » des conséquences infernales de telles extravagances… ainsi que le prouve la crise du Covid-19 ? 

Balzac, au secours ! Dans Le Curé de Tours, Balzac dit quelque chose qui donne à réfléchir : « Nous vivons à une époque où le défaut des gouvernements est d’avoir moins fait la Société pour l’Homme, que l’Homme pour la société ». Et si, depuis l’ère industrielle, nous avions cherché de manière excessive la satisfaction de la Société au détriment de celle de l’Homme ? (en parlant de la Société et de l’Homme, je prends de la distance ou plutôt de la hauteur par souci de clarté et de simplicité avec le vieux combat du collectif et de l’individualisme mais sans toutefois le nier, bien au contraire).

Et si le temps était venu de changer de priorité en se demandant ce qui est le plus important ? Question d’équilibre et d’époque me direz-vous… Certes car rien n’avance sans cet outil de contrôle incomparable qu’est l’équilibre ; pensons au navigateur confronté à la prise au vent optimale de sa voile toujours frôlant le risque de dessaler… C’est pourquoi, en considérant ces extravagances, je me demande s’il n’est pas temps de s’interroger : qui, pour plus d’équilibre entre l’Homme et la Société, doit s’adapter à l’autre ?

D’ailleurs qui sait… peut-être cette voie de la transformation pourra-t-elle se faire en conservant une part de nos amours passées, de ce progrès jouissif mais dont il faudra modérer l’ivresse pleine de dangers immenses… et peut-être pourra-t-elle se faire en conservant une part de ce rêve d’un monde d’autrefois, plus calme, plus lent et plus simple mais en se défiant des dangers de l’archaïsme… ?

Mais ne rêvons pas trop : une telle conciliation d’options contraires, proche du vieux thème d’un capitalisme à visage humain, ne peut s’envisager qu’à deux conditions : la reprise en main du « tout technico économisme » aveugle, et la volonté politique de remettre de l’humain dans tous nos projets.

L’après est notre affaire ! Alors, pour qu’une telle transformation sans chaos et avec le concours de tous soit possible, commençons par nous demander individuellement, quel est ce monde dans lequel nous voulons vivre désormais ? L’économiste Gaël Giraud dit que nous sommes dans une situation de panne eschatologique, c’est-à-dire sans un horizon commun, avec sa limite et son au-delà. Si nous voulons en retrouver le chemin, sachons nous impliquer dans cette transformation en partant de l’examen du monde tel qu’il est, avec ses systèmes, politique, culturel, technique, économique et social… Suivons la suggestion de Bruno Latour de remettre au goût du jour les cahiers de doléances de 1789* : demandons-nous sur tous ces sujets qui sont les nôtres, des plus grands aux plus petits, ce qui est nécessaire, ce qui est utile ainsi que ce qui est bon et mieux. Il s’agit là de se mettre à l’épreuve, d’abord personnellement puis ensemble avec nos proches, nos relations, nos groupes. Décidons que l’Homme est le but ultime et travaillons sur la Société comme moyen d’y parvenir.

Compliqué, diront certains… Ne nous leurrons pas, envisager « l’après » est un chantier à la mesure du gigantisme des excès que nous avons créés mais nous seuls pouvons le mener. Encore faut-il que nous soyons capables de réarmer notre capacité de penser, sans doute ensommeillée par trop de facilité et d’aveuglement malheureux. Comme naguère, avec ce temps béni des cahiers de doléances, reprenons le contrôle de nos vies. Telle est la première étape pour panser nos plaies !   

Yves Maire du Poset

* lire l’article de Bruno Latour (philosophe et sociologue, Professeur émérite au médialab de Sciences Po) dans AOC 30 mars 2020 : Imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d’avant-crise : https://aoc.media/opinion/2020/03/29/imaginer-les-gestes-barrieres-contre-le-retour-a-la-production-davant-crise/ (sans abonnement, vous pouvez avoir accès gratuitement à 3 articles d’AOC par mois). Pour aller plus loin, lire son livre : « Où atterrir ? Comment s’orienter en politique ? »

Partager cet article

Repost0
25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 18:05

Si nous n’appelons pas nos contacts autant qu’il le faudrait alors que le confinement est un temps propice, peut-être faut-il se demander pourquoi ? Qu’est-ce qui nous freine dans ce formidable moyen qu’est le téléphone pour faire avancer nos projets… ?

« Ce matin, plein d’allant après une nuit réparatrice, je me dis que je vais appeler mon réseau. Je suis dans une démarche de recherche : un job, une éventuelle mission de conseil ou encore des partenaires pour mes projets… Ces coups de fil sont utiles, mon avenir en dépend ! C’est décidé, j’appelle Untel que je m’étais promis de relancer. Mais soudain, je m’interroge : est-ce le bon moment ? peut-être est-il occupé… ne serait-ce pas mieux en fin de matinée… ? ou plutôt non, je vais l’appeler dans l’après-midi, mais pas trop tôt si d’aventure, il faisait une petite sieste (moi aussi ça m’arrive…) ; oui, c’est sans doute mieux, je vais l’appeler à 16h ! Bon, finalement, en réfléchissant, je me dis que la fin de journée, c’est l’idéal, c’est plus calme, il sera plus « dispo » ; mais attention, faut absolument que j’évite l’heure de l’émission d’actualité « C pas l’moment » parce que là, c’est sûr, il sera aux abonnés absents…! »

Mon semblable… reconnais-tu que dans cette stratégie « j’y vas-t-y, j’y vas-t’y pas », il y a comme un parfum de procrastination mâtiné d’un manque évident de clairvoyance ? Derrière la recherche du moment le plus propice, il y a en réalité ton hésitation, nos hésitations qui nous aident à ne rien faire. Elles plombent notre courage et diminuent notre confiance en nous enfonçant tout doucement dans un isolement qui ne mène à rien. Les prétextes pour ne pas appeler sont légion et nous sommes très ingénieux pour en trouver.

Sachons d’abord reconnaître que ces prétextes fonctionnent comme une fausse empathie envers ceux que nous voulons appeler. Pire, celle-ci nous empêche d’oser. C’est pourquoi au lieu d’imaginer ce que font les gens au moment où nous décidons de les appeler, nous ferions mieux de réfléchir sur ce qui nous fait repousser ces appels, voir y renoncer. D’abord en examinant les conditions d’un bon échange téléphonique consistant à offrir à son interlocuteur l’occasion de parler de lui afin de pouvoir, ensuite, lui parler de nous… Puis en creusant les deux difficultés majeures d’une telle démarche téléphonique : notre tendance à « remettre à demain… » et notre manque de clairvoyance quant aux difficultés d’utiliser notre téléphone.

Sur notre procrastination : ne nous y trompons pas, si nous privilégions cette attitude, si nous n’osons pas appeler, c’est d’abord et avant tout parce que nous ne sommes pas sûrs de la façon dont nous allons nous y prendre : appeler qui, comment et pour dire quoi… ? Nous faisons rarement de ces appels une action prioritaire structurée, programmée comme une priorité. Nous appelons quand nous avons le temps, parfois en marchant, en courant, en pédalant… bref entre deux portes si l’on peut dire. Sans comprendre que dans cet exercice, la concentration est au contraire primordiale : si je dois passer 10 appels, il faut que je m’isole une heure et que je ne fasse que cela pour obtenir le meilleur résultat. Peut-être n’aurai-je pas les 10 contacts au bout du fil mais si j’en ai eu 2 ou 3, j’aurai ce que je cherche : des infos, de nouvelles pistes, de nouveaux contacts et… de quoi me donner envie de recommencer !

En fait, nous sommes trop souvent dans l’improvisation au lieu d’être prêts comme l’est un sportif juste avant l’épreuve !

Sur notre manque de clairvoyance : nous sommes généralement dans l’illusion. Suréquipés sur le plan technique, nous croyons maîtriser le maniement de cet outil sans voir clairement toute la complexité du versant très particulier de cette relation interpersonnelle. Avons-nous par exemple pris le temps d’écrire une trame envisageant les différentes étapes et voies possibles de l’entretien, de telle sorte qu’à chaque fois qu’un vide se fera sentir comme cela arrive souvent, nous ne serons jamais pris au dépourvu… ? Avons-nous par exemple bien réfléchi aux premiers mots qui doivent permettre au dialogue de s’installer sous les meilleurs auspices ; à ce que nous voulons dire précisément ; aux différents temps d’un tel entretien : le questionnement sur ce que notre interlocuteur devient en ces temps difficiles de confinement ; puis ce temps de partage de ses sentiments et interrogations ; avec enfin un temps pour rappeler ce que nous-mêmes faisons, ce sur quoi nous travaillons, quels sont nos projets, quel job, quels clients nous recherchons, etc. Bref, avons-nous songé un tant soit peu aux aléas d’une telle discussion ?

En fait, nous ne sommes pas suffisamment formés et entraînés à cet art du téléphone comme ceux qui ont eu la chance de suivre des formations commerciales longues et pointues.*

Le confinement, soyez-en sûrs, est un temps idéal pour appeler nos contacts. Aussi, pour diminuer notre tendance à la procrastination et au manque de clairvoyance sur nos difficultés, comme un scénariste qui envisage le futur, formalisons, formalisons… puis entraînons-nous. Vous verrez, au moment d’appeler, la confiance sera au rendez-vous !

Yves Maire du Poset

*Cette compétence spécifique, faut-il le rappeler, est si peu considérée en France qu’elle ne relève d’aucune formation académique.

 

Partager cet article

Repost0
8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 06:39

Monsieur le premier Ministre,

Il est en votre pouvoir de prendre une mesure simple pour éviter le pire à bon nombre de Français face à la crise économique majeure qui ne manquera pas de suivre cette période de confinement : autoriser l’accès à leur potager pour travailler leur terre et semer dès maintenant !

Actuellement, compte tenu des mesures prises (Décret N° 2020-293 du 23 mars 2020 et une recommandation sur le site du gouvernement), dès lors que ce potager n’est pas attenant à leur habitat, les Français ne peuvent y accéder que pour récolter leurs légumes d’hiver ; mais ils ne sont pas autorisés à préparer la saison prochaine, à semer… Les jardiniers sont ainsi passibles d’amende si l’envie les prend de prévoir avec sagesse leurs ressources alimentaires une fois la bise venue…

Plusieurs raisons devraient vous inciter à prendre une telle décision :

  • Il y a en France environ 250 000 jardins familiaux (ex jardins ouvriers) et autant de jardins privés aux abords des villes ou à la campagne. 500 000 foyers concernés, c’est plus d’un million de personnes touchées par cette interdiction ! Or quand on sait le risque de rupture à venir de la chaîne d’alimentation, il y a bien urgence à nous rendre tous (ménages, communes, villes…) plus autonomes quant à notre capacité à produire localement.
  • La fin du confinement va mettre en difficulté bon nombre de ménages avec un chômage et une précarité accrue. Or pour beaucoup, les ressources tirées de ces jardins représentent un allègement très important de leur budget.
  • Cette activité de jardinier ne constitue en rien un risque de propagation du virus Covid 19, en tout cas moins que de faire ses courses dans une grande surface : un jardin familial faisant de 50m2 à 200 m2, il suffit, le temps du confinement, de limiter à une personne l’accès au jardin, afin d’éviter les « réunions barbecue ».

En prenant une telle décision et en invitant les préfets à la mettre en application, vous faites d’une pierre quatre coups :

  • vous adoucissez le sort des plus précaires,
  • vous rendez cohérent l’appel du Ministre de l’agriculture au volontariat pour aider les agriculteurs privés cette année de main d’œuvre pour ramasser les légumes, ainsi que votre décision d’inclure dans les produits de première nécessité la vente de plants potager et de semences,
  • vous montrez le bon exemple de ce qu’il faut faire sur le plan écologique,
  • vous redonnez un avenir à une pratique vertueuse dont l’horizon, actuellement, s’assombrit.

Enfin, comme vous le savez, la saison des semailles n’attend pas, il y a donc urgence !

Nous savons pouvoir compter sur vous et nous vous adressons, monsieur le premier Ministre nos respectueuses salutations.

Yves Maire du Poset

Partager cet article

Repost0
23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 13:11

 

Ces temps difficiles sont une aubaine pour réfléchir à nos pratiques habituelles. Porteurs de projet, chercheurs de clients ou d’emploi…, voici 2 idées pour être plus fort quand sonnera l’heure de la récré… !

Nous savons désormais que le confinement risque de durer jusqu’à fin avril/mi-mai. Avec deux effets peu emballants sur notre vie professionnelle : ne plus être physiquement ensemble au sein de l’entreprise et ne plus avoir de liens physiques hors de l’entreprise. Bref, il nous faut marquer de la distance avec les autres !

Ces rencontres physiques sont pourtant une clé majeure de la réussite de nos projets, que nous soyons en recherche de clients, d’emploi, de partenaires… Tous les jours, ces rencontres mettent en jeu nos compétences, nous incitent à surmonter nos difficultés, activent notre motivation en élargissant notre horizon, ce qui ne manque jamais de nous mettre en joie. Aussi, avec le confinement, il s’agit désormais de réfléchir au moyen de raccourcir la distance demandée afin de ne pas nous priver des bienfaits de ces rencontres !

Certains diront qu’il reste les réseaux pour nous aider à continuer à entretenir ces liens, ces projets… Certes mais cela suffira-t-il pour compenser ces rencontres physiques mises en veille pour un temps ? Sans doute pas. Aussi nous faut-il innover dans deux directions, à notre portée pour qui veut s’en donner les moyens : d’une part remettre en réflexion nos projets et d’autre part nous obliger à communiquer différemment avec nos relations. L’une et l’autre de ces actions ne vont pas de soi, elles n’ont rien de naturel, ni de culturel d’ailleurs mais il me semble que leurs effets peuvent nous renforcer à terme et compenser pour partie les conséquences d’un tel confinement. 

Réfléchir de nouveau à nos projets : qu’il s’agisse d’un projet entrepreneurial, d’une recherche d’emploi ou de partenaires, nous savons qu’il faut dans tous les cas convaincre. Et pour cela, il convient d’être parfaitement pertinent sur 3 plans : celui des cibles visées, celui du plan de développement choisi et celui des  discours de présentation du projet et du parcours de celui qui le porte. Dans mon métier qui consiste à accompagner les mobilités de carrière, externes comme internes, je suis souvent frappé lors des présentations de projets, par un ciblage trop large et qui fait perdre du temps : le projet peut être pertinent a priori mais il est souvent très vague quand il s’agit de le projeter sur un marché particulier, moins concurrentiel. Je suis frappé également par le besoin d’actualisation du projet : celui-ci a parfois été conçu il y a plusieurs mois sans vraie intégration des critiques entendues depuis… Je suis frappé enfin par la présentation confuse du projet comme du parcours de son porteur : trop long, trop détaillé, trop… ou pas assez ! C’est pourquoi le confinement est l’occasion idéale pour revoir le projet dans son ensemble, non pour le repenser de fond en comble mais pour l’ajuster, l’affiner et, qui sait, l’approfondir encore avec une cible plus claire, une offre plus distincte et des discours mieux ciselés… Bref, voici une belle occasion d’affûter vos armes pour mieux convaincre et vous démarquer des autres !

Prendre des nouvelles et en donner : dans ce confinement, chacun se sent coupé du monde et se dit que c’est probablement la même chose pour tout le monde. Du coup, le risque est grand de se dire que prendre des nouvelles de ses proches, de ses liens sociaux est inutile, voire contre-productif : que vais-je dire à quelqu’un qui est dans la même panade que moi… ? C’est là où nous nous  trompons. Ceux qui, comme vous, sont à la peine dans cette réclusion, accueilleront votre appel avec bonheur. Prendre de leurs nouvelles sera perçu comme un rayon de soleil et le temps consacré à cette initiative sera récompensé. Ajoutons qu’après les avoir écoutés, leur donner de vos nouvelles vous permettra de rappeler en quelques mots quel est votre projet (ça tombe bien, vous avez pris le temps d’y re-réfléchir…) et ce que vous ferez une fois le confinement terminé. Mais alors, faut-il appeler ou écrire ? Les deux mon capitaine… en faisant la distinction entre ceux avec qui vous voulez échanger et ceux à qui vous voulez juste dire que vous ne les oubliez pas et que le temps venu, vous reprendrez langue avec eux. Mon conseil : replongez-vous dans votre fichier en passant un peu de temps sur chaque nom en vous demandant quelle sympathie il y a dans ce lien ? Ça vous donnera envie de décrocher votre téléphone.* Pour l’écrit, prenez le temps de retrousser vos manches pour accoucher d’un message empathique, avec une trame concise et qui donne envie. Ainsi, au téléphone, vous n’en serez que meilleur !

Chacun le sent : le relationnel n’est pas seulement l’une des clés du succès, c’est l’essence même de notre humanité. Alors, qu’importe si le confinement nous empêche temporairement d’appliquer mon précepte « Celui qui sort, s’en sort », le téléphone reste un formidable moyen de sortir, pour le bien de tous !

Yves Maire du Poset

*Comme beaucoup ces derniers jours, je me suis replongé dans La Peste d'Albert Camus et je suis tombé en arrêt sur un des dialogues entre les 2 personnages principaux. L’un demande à l’autre s’il a une idée du chemin qu’il fallait prendre pour arriver à la paix. L’autre répond : oui, la sympathie. (La Peste, Livre de poche, édition 1967, page 204)

Lien LinkedIn : https://www.linkedin.com/pulse/un-confinement-bien-embarrassant-mais-salutaire-pour-maire-du-poset/

Partager cet article

Repost0
9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 14:13

Comment rester libre en prison… ?

Voici le secret d’un journaliste actuellement en prison pour conserver un peu de sa liberté malgré tout… Une leçon utile pour chacun d’entre nous face à un monde dont les excès doivent être mieux contrôlés !

Echapper à l'enfermement. Célèbre écrivain et journaliste turc, injustement condamné depuis le putsch manqué de 2016, Ahmet Altan écrit depuis sa prison où il pense finir sa vie. Il a 68 ans, son horizon se réduit. Il y évoque cette dure condition de prisonnier, ses difficultés matérielles comme celles dues à la promiscuité. Rien ne nous échappe de ses réflexions, de sa révolte et du temps qui s’alourdit. Mais ce n’est pas l’essentiel. Ahmet nous parle avec profondeur de la force intérieure qui l’anime, de cette capacité à se retrancher dans ses pensées, dans ses rêves et ses souvenirs. C’est un homme de culture qui sait y puiser pour échapper à la réalité. Aussi, il retrouve nombre d’expériences semblables à la sienne qui nourrissent le secours dont il a besoin pour échapper à l’étouffement de ces quatre murs. Ce lieu fait pour diminuer, pour meurtrir, il sait le quitter pour revivre, dehors ! Il observe et absorbe tout ce qu’il voit, il s’exprime peu mais il écoute attentivement ses compagnons de détention. Il s’approprie ce matériau pour, le temps d’une escapade, faire respirer cette liberté intérieure retrouvée. Par exemple, grâce à l’histoire vécue de l’un de ses compagnons de détention, il découvre le génie et la puissance de la volonté. Il s’en empare et se l’applique dans les situations extrêmes. Il se préserve ainsi de leurs sinistres conséquences. Dedans, il obéit sagement mais pour mieux s’évader en pensée, il désobéit incognito. Car que peut-il faire d’autre que d’avoir le courage de renoncer, pour l’instant… ?

Notre prison dorée. Quel rapport avec ce que nous vivons ? Aucun. Du moins en apparence. Car voici où je veux en venir : nous croyons vivre dans un monde libre, désormais ouvert sur un horizon à 360° dont tant de réjouissances techniques nous enchantent. Mais ce monde où les menaces se multiplient et où la part de l’humain s’amenuise tous les jours, n’est-il pas en réalité une immense prison en construction ? Insidieusement, en nous occupant l’esprit avec des écrans agités et en atrophiant nos relations avec l’équivalent de ces « petites méchancetés et humiliations » infligées au prisonniers, en nous privant in fine de cette capacité de penser qui devrait être notre marque distinctive, ce nouveau monde ne nous enferme-t-il pas dans une matérialité avilissante comme la prison en recèle à profusion ?

Or Ahmet Altan nous dit que rien n’est fatal. Bien au contraire. Comme lui dans sa prison, nous pouvons contrecarrer cette injonction moderniste, non en la niant mais plutôt en nous en emparant afin de reprendre le contrôle de nos vies. Le moyen ? Redonner à notre capacité à penser par nous-même cette puissance qu’elle n’aurait jamais dû perdre. Tous les jours, se dire que nous pouvons résister ; qu’en nous se trouve la force du passe-muraille qu’Ahmet attribue, en ce qui le concerne, à son état d’écrivain. Oui, là où nous sommes et quelle que soit notre condition, nous pouvons atténuer ce qui ne cesse de vouloir nous déséquilibrer. De la plus petite cellule sociale en passant par l’entreprise jusqu’à l’organisation politique du monde, nous pouvons, si nous le voulons, remettre de la culture au centre de nos réflexions, de nos relations et de nos actions. Non pour empêcher le mouvement du monde mais pour en infléchir le cours et le remettre dans le droit chemin de l’équilibre. Le livre d’Ahmet Altan en est la preuve. J’ose vous conseiller de le lire. Et puis… c’est une idée pleine d’espérance pour un cadeau de Noël !

Yves Maire du Poset

Article paru sur LinkedIn le 11 décembre 2019 : https://www.linkedin.com/pulse/comment-rester-libre-en-prison-yves-maire-du-poset

Partager cet article

Repost0
3 janvier 2019 4 03 /01 /janvier /2019 19:36

Bonne année 2019 à tous !

 

« Connaître son fort » disait Baltasar Gracian, c’est-à-dire son plus haut degré de perfection : une bonne devise pour faire avancer sa carrière comme sa vie, côté technique mais également côté relationnel. Or dans un monde qui se technicise puissamment, c’est le relationnel qui tend à manquer. Insidieusement, un désert avance qu’il s’agit de contenir !

Voici le secret d’un homme d’expérience qui, au soir de sa vie professionnelle, m’a enseigné ceci : « Celui qui sort s’en sort ». Il voulait dire qu’il fallait organiser systématiquement des rencontres, des déjeuners, des petits déjeuners, des verres… Cela apporte en effet beaucoup : clients, relations de réseau, prescripteurs, informations, opportunités… et surtout, à chaque fois, bien plus de joie que de peine !

Hélas si peu chérie dans le domaine professionnel (ce qui vaut parfois tout autant dans le domaine privé…), j’ose rappeler la vertu de ce secret de Polichinelle en vous souhaitant une année 2019 pleine de liens heureux et de belles retrouvailles !

Bien à vous, Yves

Partager cet article

Repost0
24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 12:02

«Le curé de Tours» de Balzac est un roman idéal pour comprendre les erreurs à ne pas commettre pour assurer son avenir professionnel.

S’ouvrir aux autres, s’y confronter, prendre le risque, après réflexion, de donner son opinion, quitte parfois à en changer… bref, ne pas s’enfermer dans cette solitude relationnelle qui, irrémédiablement, assèche, affaiblit.

Tel pourrait être l’enseignement du roman «Le curé de Tours» dans lequel Honoré de Balzac (1799-1850) raconte les tourments du pauvre abbé Birotteau. Celui-ci, pourtant dans une situation enviable et pleine de promesses, est littéralement renversé par une série de circonstances : peu préparé aux relations subtiles, il va subir son déclin sans plus de force qu’une fourmi sous le pied d’un éléphant !

Ce n’est pas qu’il ne voit rien, mais il ne voit pas l’essentiel. Ce n’est pas qu’il ne réfléchit pas, mais faute d’entraînement, il ne sait pas réfléchir. Ce n’est pas qu’il n’agit pas, mais il agit de façon intempestive. Ce n’est pas qu’il reste isolé, mais il ne se confronte à personne. Ce n’est pas qu’il soit bête, mais plutôt qu’il a choisi de ne pas être intelligent ! Dès lors, l’adversité a raison de lui parce que, pris dans un processus d’auto-aveuglement, il ne cherche nullement à comprendre par lui-même. Il préfère s’en remettre à son instinct, sans doute pour conserver son petit confort.

Goût pour la facilité

Dans la pitié que Birotteau suscite chez le lecteur, je vois le signe de l’une de nos faiblesses actuelles. N’avons-nous pas, comme lui, trop souvent tendance à nous en remettre au destin ? Avec cet esprit de fourmi nous évitant d’investir dans une réflexion personnelle sur les réalités et d’oser entreprendre un dialogue risqué avec les autres ? Un choix qui, dans l’instant, est certes plus commode, mais dont les risques qu’il fait courir à terme deviennent certains…

Un exemple pris dans l’entreprise illustre ce goût pour la facilité malheureuse : l’évolution de carrière. Que voit-on le plus souvent ? Une absence totale de réflexion systématique pour préparer l’avenir des salariés. Côté salariés, on n’anticipe pas et côté entreprise, on ne les y incite guère. L’étape suivante est alors le plus souvent improvisée ; et ceci qu’il s’agisse de la trentaine, de la quarantaine ou de la cinquantaine (pour la retraite, c’est la même chose…).

Tout se fait au gré de l’occasion qui se présente, à l’exception toutefois de quelques «happy few» chaudement choyés. Et lorsque cette occasion ne vient pas, l’évolution pourtant ressentie comme nécessaire par tous, DRH, salariés et management, s’avère bien laborieuse… Il suffit de constater le peu d’empressement dont l’entreprise fait preuve pour mettre en œuvre l’entretien professionnel créé justement pour envisager l’avenir du salarié.

Attelage fatal

Pourtant rien n’est véritablement fait pour changer le cours des choses. Avec la récente réforme de la formation professionnelle, on aurait pu espérer un véritable changement. Mais hélas, rien de significatif n’a été fait pour donner à chacun les moyens de réfléchir sérieusement à son évolution.

On a cherché, en engageant le salarié lui-même, à faciliter ses choix de formations complémentaires, ce qui était juste et très opportun. Mais enfin, croit-on vraiment que tripoter son mobile pour accéder au marché des formations, désormais magiquement organisé, permettra de faire l’économie d’une solide réflexion sur son devenir professionnel ? Sans analyse sérieuse de ce qu’est son offre «pro» et «perso», on encourage l’échec du salarié.

En somme, ayant mis la charrue avant les bœufs, on a mis l’abbé Birotteau à la tête de cet attelage fatal. Et comme lui, vous verrez, un jour nous finirons par nous plaindre, sans comprendre que nous aurions dû nous-mêmes être au cœur de nos réflexions et de nos choix !

Yves Maire du Poset, président de PILOTER MA CARRIERE

Lire l'article sur Les Echos.fr

Partager cet article

Repost0
2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 17:31

A défaut du « big bang » de Muriel Pénicaud reporté sine die, voici le mien en trois points : mettre le salarié au centre du choix de sa formation en lui donnant des moyens d’être acteur du changement, valoriser le CPF (Compte Personnel de Formation) en fonction de son âge et renoncer définitivement à tout agrément des organismes de formation.

Sur le constat, tout le monde est d’accord : le système de la formation professionnelle continue est coûteux, injuste et peu efficace. Or, pour relever les défis du monde de demain, nous avons besoin que ce système fonctionne mieux. C’est la raison pour laquelle il faut avoir plus d’ambition et envisager de nouveaux moyens. Voici les trois objectifs de mon « big bang » :

Premier objectif : mettre le salarié au centre du choix de sa formation et l’inviter à participer davantage à la transformation du monde. C’est l’objectif majeur. Ce qui veut dire réduire le nombre des acteurs qui interviennent : entre le manager, les RH, les syndicats, le marché de la formation, l’Etat, les OPCA, les circuits et institutions d’agrémentation… on le voit bien, tout le monde s’en mêle, raison pour laquelle le système ne marche pas ! Faisons donc en sorte que chaque salarié soit lui-même en mesure, à tout moment, de faire le choix de sa formation. Pour cela, il faut qu’il dispose de deux outils : une aide expérimentée et neutre pour bien réfléchir à ce choix en fonction de son parcours, de ses acquis et des perspectives économiques (ceci ne va pas de soi) ; et un financement pour obtenir la formation la plus judicieuse (c’est le deuxième objectif).

Une précision : on dit que la formation doit permettre aux salariés de s’adapter aux évolutions futures. Mais elle doit leur permettre également de transformer le monde en participant activement aux innovations. N’est-ce pas ce que l’on salue tous les jours dans le monde des start up ? C’est d’ailleurs ce qui figurait dans le préambule de l’article 1 de la Loi de 1971 : (la Loi) doit favoriser la promotion sociale (des salariés) mais aussi « favoriser leur contribution au développement culturel, économique et social ». Ce devrait être toute l’ambition de la réforme annoncée : rendre le salarié acteur de son évolution mais aussi acteur de l’évolution économique. Et pas seulement le cantonner à être un agent aveugle du techno-économisme, focalisé sur le développement de l’intelligence artificielle et du numérique… Donnons un exemple : cette réforme pourrait favoriser l’essor de l’agro-écologie au service des territoires ; une agriculture que ces territoires appellent de leurs vœux sans en avoir pour l’heure les moyens humains. Ainsi, en faisant évoluer par la formation des populations attirées par ce thème, la réforme permettrait non seulement de créer des emplois nouveaux en satisfaisant un réel besoin du marché mais elle participerait de façon innovante à la réduction de la pollution due aux effets nocifs du transport de nourriture.

Deuxième objectif : valoriser le Compte Personnel de Formation (CPF) selon l’âge du salarié. Il faut là aussi un « big bang » et tourner le dos à un système de financement qui n’a jamais marché. Souvenons-nous du DIF ou du CPF actuel dont la pauvre valorisation rend impossible toute idée de véritable formation sans y mettre de sa poche. Pourquoi ne pas imaginer un système plus simple qui  mettrait à la disposition de chacun un droit de tirage personnel, étalé sur une période de 15 ans, et qui varierait en fonction de trois tranches d’âge ? Exemple : 3000 € pour un jeune salarié (20/35 ans), 5000 € pour salarié déjà expérimenté (35/50 ans) et 7000 € pour un salarié très expérimenté (50/65 ans). Pour les premiers, il s’agirait surtout d’une aide à l’insertion dans le marché de l’emploi : trouver sa voie et choisir sa future activité en fonction de ses propres capacités et des besoins du marché. Pour les seconds et les troisièmes, il s’agirait d’une aide à la poursuite de l’activité du salarié mais avec l’acquisition de compléments de compétence nécessaires ou bien d’une aide à sa reconversion. De sorte que chaque salarié, trois fois dans sa vie, pourrait, grâce à cette somme, bénéficier d’un accompagnement comprenant une vraie réflexion sur son évolution professionnelle jusqu’au financement de la formation choisie. Un financement qui serait puisé dans la somme des 20 milliards annuellement dépensés auprès des organismes de formation, multipliée par les 15 années que représente chaque tranche d’âge. Autrement dit, la ressource existe pour accompagner une évolution désirée ! Et si l’entreprise veut en rajouter pour accompagner ce désir, rien ne l’en empêche…

A l’heure où le discours ambiant est rempli d’injonctions à changer de métier plusieurs fois au cours de sa carrière, quoi de plus adapté qu’un système de formation qui accompagne ces ruptures ?

Troisième objectif : renoncer à toute forme d’agrément des organismes de formation. Cet objectif  n’est pas le moindre. Car qu’entend-on dire : « Il est difficile de s’y retrouver dans cette offre pléthorique, comment choisir de façon avisée la meilleure formation pour évoluer professionnellement… ? » On laisse ainsi penser qu’un système d’agrément accordé ou non aux organismes de formation faciliterait pour chaque salarié la recherche d’une formation de qualité ; en oubliant un peu vite l’importance de toute l’aide à la réflexion en amont, abordée plus haut.

La vérité est que l’agrément de l’offre actuelle de formation, certes atomisée, risque de détruire l’esprit même de la réforme. Vouloir réduire ce marché de l’offre consisterait en effet à se priver d’un ressort que l’on essaie de multiplier par ailleurs : je veux parler de l’esprit entrepreneurial tant vanté et de l’esprit d’innovation qui vont de pair ! On ne voit pas en effet pour quelle raison ce qui marche dans cette émulation entrepreneuriale, ne fonctionnerait plus dès lors qu’il s’agit de formation professionnelle… Enfin, qui sera agréé (et comment ?) pour délivrer cet agrément aux organismes de formation ; qui sacrera ou ne sacrera pas ? La question serait comique si elle n’était tragique pour tous ces petits opérateurs qui contribuent tous les jours avec ardeur à l’invention de solutions nouvelles et efficaces pour les entreprises, malgré la puissance d’opérateurs, plus gros, qui les utilisent massivement comme sous-traitants…

C’est en redonnant la main au salarié sur son évolution professionnelle avec de vrais moyens et en conservant une offre variée de formation que le « big bang » ainsi créé, permettra de construire le monde innovant de demain dont la France a tant besoin !

 

Yves Maire du Poset

 

Lire l'article sur Les Echos, cliquez ici

Partager cet article

Repost0
13 janvier 2018 6 13 /01 /janvier /2018 17:20

En ce début d’année, je vous envoie cette belle pensée que j’essaie toujours de partager avec ceux que j’accompagne :

« Un défaut qui empêche les hommes d’agir,

c’est de ne pas sentir de quoi ils sont capables. »*

 

Sentir de quoi l’on est capable me semble en effet être l’aiguillon principal qui fait le plaisir de chaque jour et la réussite de chaque action.

 

En 2018, je vous souhaite d’éprouver ce sentiment le plus souvent possible !

 

* Jacques-Bénigne Bossuet (né à Dijon en 1627)

Partager cet article

Repost0
11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 17:04

A l'occasion de la sortie de la nouvelle édition du livre "Réussir son entretien d'embauche", 2 articles d'Yves ont été publiés, l'un sur Les Echos et l'autre sur Le Journal du Net :

Les Echos du 11 octobre 2017 :

Dédramatiser l’entretien d’embauche

L'entretien de recrutement est souvent perçu comme un combat inégal entre le recruteur et le candidat. Détrompez-vous : les deux protagonistes sont rongés par leurs inquiétudes.

On pense souvent que, dans cet exercice, le combat est inégal. Il y aurait d’un côté, un recruteur dominateur, muni d’un scanner surpuissant auquel rien n’échapperait et, de l’autre côté, un candidat affaibli dès le démarrage par cet examen de passage qui va peut-être décider de son sort…

Vision caricaturale, certes, mais si souvent révélée par l’inquiétude des candidats. Une inquiétude qu’il faut comprendre en commençant par s’interroger sur ce qui l’alimente.

La faiblesse du candidat. Il me semble qu’il y a 2 raisons. D’une part, le fait que le recruteur possède le CV du candidat. Ce qui met ce dernier dans une sorte de mise à nu a priori de son profil, de son parcours, de sa situation, de ses faits et gestes depuis sa naissance… Faut-il ajouter que la mécanisation numérique des embauches (lecture préalable de l’offre des candidats sur les réseaux, screening des CV, etc.) n’arrange guère la position du recruteur aux yeux du candidat ! De sorte que celui-ci se sent, inévitablement, exposé à tous les vents, aux questions les plus improbables qui pourraient lui être posées et auxquelles il lui faudrait répondre par anticipation…

D’autre part, l’impréparation relationnelle des candidats à ce type d’entretien. Ce qui les met forcément dans la position inférieure de celui qui va devoir subir un interrogatoire du genre : « que faisiez-vous exactement dans la nuit du… ? » Si bien que, dès le démarrage de l’entretien, le candidat est comme aux aguets, contraint à adopter une attitude empruntée, bien lourde à porter…

La faiblesse du recruteur. Deux raisons qui s’autoalimentent et empêchent le candidat de voir que le recruteur est, dans le même temps, rongé par une autre inquiétude tout aussi paralysante : ne pas se tromper ! Durant tout l’entretien, il s’interroge : « ce candidat possède-t-il les bonnes compétences, a-t-il vraiment l’expérience qu’il prétend avoir, quel est le degré de sa motivation pour ce poste, a-t-il cette personnalité équilibrée, capable de s’insérer au sein d’une équipe tendue, ai-je tout perçu de ses richesses et de ses manques…? Et puis lui ai-je bien dit tout ce qu’il y avait à dire sur les risques du défi à relever, ai-je été clair quant au contexte difficile de ce poste ? Bref, ai-je toutes les informations pour affirmer être devant la meilleure offre… ? »

Autant de questions qui devraient calmer l’inquiétude du candidat si celui-ci se les était posées… Car être conscient de ce qu’attend l’autre est le meilleur moyen de reprendre confiance en soi avec, du coup, un objectif précis : l’éclairer sur tous les points supposés de son inquiétude.  

J’ajoute que le bon recruteur ne cherche jamais à jouer avec l’inquiétude a priori du candidat ; il sait que cela va le desservir. Il préfère de loin avoir devant lui un candidat qui sait s’y prendre : qui sait par exemple l’inviter de façon subtile, dès le démarrage de l’entretien, à reformuler l’offre avec un peu de chair pour dépasser le descriptif conceptuel et squelettique du poste ; qui sait utiliser les outils d’une écoute curieuse et active afin d’enrichir sa besace de bons arguments pour appuyer sa candidature ! Ne dit-on pas que l’intelligence interroge tandis que la bêtise répond…?

L’entretien d’embauche n’est décidément pas ce « combat » fantasmatique avec un vainqueur et un vaincu. Il est plutôt à envisager comme une relation à construire, exigeant un effort mutuel d’empathie auquel il faut se préparer, scrupuleusement.

Yves Maire du Poset

Lire l'article sur Les Echos

Le Journal du Net du 11 octobre 2017 :

Ce piège qui peut faire rater un entretien d'embauche...

Nombreux candidats se font hara kiri en entretien d'embauche en tombant dans un piège fréquent. Il est pourtant très simple à éviter.

Dans l’entretien d’embauche, on croit volontiers que l’objectif premier du candidat est de bien maîtriser son dossier, c’est-à-dire son CV. Or c’est une erreur qui le met, face au recruteur, dans une attitude embarrassante. Comme s’il se trouvait du coup empêtré dans une logique contre performante consistant, pour parler de lui, à dérouler ce CV, scrupuleusement, et à s’y appuyer constamment pour convaincre.

Une conviction discutable alors même qu’aux yeux du recruteur, un tel choix de présentation de son offre et de son parcours est le pire de tous. D’une part parce qu’il a déjà lu ce CV, et d’autre part parce que si ce CV est une présentation de l’offre du candidat, normalement complète, celle-ci reste trop souvent conceptuelle et toujours pétrifiée… Il n’est en effet qu’un papier à vocation administrative qui n’a que peu de chance de séduire le recruteur et certainement aucune de le faire vibrer !

De telle sorte qu’en lui « servant » ce plat indigeste, le candidat tourne le dos à l’idée même de régaler ce recruteur en lui racontant une histoire suffisamment intéressante et structurée pour capter son attention, surtout au démarrage, en la centrant sur ses attentes supposées.  

Le sésame de l’entretien d’embauche. Car la clé d’un entretien d’embauche est d’abord de répondre aux attentes du recruteur. C’est la raison pour laquelle, contrairement aux usages et à ce qui est si souvent enseigné, dans un entretien d’embauche, ce n’est pas le CV qu’il faut privilégier comme arme principale. Mais plutôt, ainsi que le disait Baltazar Gracian, grand maître au XVIIème siècle de la connaissance des Hommes, de savoir dévoiler « son fort » ! C’est-à-dire faire connaître sa plus haute perfection. En d’autres termes, pour faire comprendre qui l’on est, il faut savoir tirer le meilleur de son histoire et de son offre pour installer la relation avec ce recruteur sur de solides fondations.

Or si cette « haute perfection » doit être dite, encore faut-il savoir la raconter. Ce qui suppose de l’avoir travaillée, d’avoir su prendre du recul puis de la hauteur pour en faire une « œuvre » !

Le bon modèle. C’est ce qu’apporte un court papier savamment rédigé sur soi, sur ce que l’on a fait d’intéressant, de concret, de vivant, d’humain… et sur ce que l’on veut faire dans l’avenir. Et, disons-le, il n’est pas besoin d’avoir grimpé sur l’Everest à dos de chameau ou de verser dans la tendance envahissante du « story telling » pour emporter l’adhésion. Ne dit-on pas que la plus simple histoire, bien racontée, peut emporter l’adhésion de l’auditeur quel qu’il soit. Mais encore faut-il l’avoir travaillée, longuement, puis l’avoir ramassée en quelques lignes séduisantes et concrètes…

Enfin, rappelons l’essentiel : ce topo de quelques lignes dont vous allez vous servir au démarrage de l’entretien, est une preuve d’empathie : avec votre histoire, vous entrez dans le monde de l’autre qui ne cherche qu’une seule chose : comprendre.  Sartre dit que ce que nous comprenons nous appartient. Ainsi, faire comprendre son histoire au recruteur, c’est partager avec lui une part de cette propriété qui est la nôtre. Là est le secret de la réussite et le meilleur moyen de bien vendre son offre à cet acheteur potentiel qu’est le recruteur.

Yves Maire du Poset

Lire l'article sur Le Journal du Net

Partager cet article

Repost0