11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 17:04

A l'occasion de la sortie de la nouvelle édition du livre "Réussir son entretien d'embauche", 2 articles d'Yves ont été publiés, l'un sur Les Echos et l'autre sur Le Journal du Net :

Les Echos du 11 octobre 2017 :

Dédramatiser l’entretien d’embauche

L'entretien de recrutement est souvent perçu comme un combat inégal entre le recruteur et le candidat. Détrompez-vous : les deux protagonistes sont rongés par leurs inquiétudes.

On pense souvent que, dans cet exercice, le combat est inégal. Il y aurait d’un côté, un recruteur dominateur, muni d’un scanner surpuissant auquel rien n’échapperait et, de l’autre côté, un candidat affaibli dès le démarrage par cet examen de passage qui va peut-être décider de son sort…

Vision caricaturale, certes, mais si souvent révélée par l’inquiétude des candidats. Une inquiétude qu’il faut comprendre en commençant par s’interroger sur ce qui l’alimente.

La faiblesse du candidat. Il me semble qu’il y a 2 raisons. D’une part, le fait que le recruteur possède le CV du candidat. Ce qui met ce dernier dans une sorte de mise à nu a priori de son profil, de son parcours, de sa situation, de ses faits et gestes depuis sa naissance… Faut-il ajouter que la mécanisation numérique des embauches (lecture préalable de l’offre des candidats sur les réseaux, screening des CV, etc.) n’arrange guère la position du recruteur aux yeux du candidat ! De sorte que celui-ci se sent, inévitablement, exposé à tous les vents, aux questions les plus improbables qui pourraient lui être posées et auxquelles il lui faudrait répondre par anticipation…

D’autre part, l’impréparation relationnelle des candidats à ce type d’entretien. Ce qui les met forcément dans la position inférieure de celui qui va devoir subir un interrogatoire du genre : « que faisiez-vous exactement dans la nuit du… ? » Si bien que, dès le démarrage de l’entretien, le candidat est comme aux aguets, contraint à adopter une attitude empruntée, bien lourde à porter…

La faiblesse du recruteur. Deux raisons qui s’autoalimentent et empêchent le candidat de voir que le recruteur est, dans le même temps, rongé par une autre inquiétude tout aussi paralysante : ne pas se tromper ! Durant tout l’entretien, il s’interroge : « ce candidat possède-t-il les bonnes compétences, a-t-il vraiment l’expérience qu’il prétend avoir, quel est le degré de sa motivation pour ce poste, a-t-il cette personnalité équilibrée, capable de s’insérer au sein d’une équipe tendue, ai-je tout perçu de ses richesses et de ses manques…? Et puis lui ai-je bien dit tout ce qu’il y avait à dire sur les risques du défi à relever, ai-je été clair quant au contexte difficile de ce poste ? Bref, ai-je toutes les informations pour affirmer être devant la meilleure offre… ? »

Autant de questions qui devraient calmer l’inquiétude du candidat si celui-ci se les était posées… Car être conscient de ce qu’attend l’autre est le meilleur moyen de reprendre confiance en soi avec, du coup, un objectif précis : l’éclairer sur tous les points supposés de son inquiétude.  

J’ajoute que le bon recruteur ne cherche jamais à jouer avec l’inquiétude a priori du candidat ; il sait que cela va le desservir. Il préfère de loin avoir devant lui un candidat qui sait s’y prendre : qui sait par exemple l’inviter de façon subtile, dès le démarrage de l’entretien, à reformuler l’offre avec un peu de chair pour dépasser le descriptif conceptuel et squelettique du poste ; qui sait utiliser les outils d’une écoute curieuse et active afin d’enrichir sa besace de bons arguments pour appuyer sa candidature ! Ne dit-on pas que l’intelligence interroge tandis que la bêtise répond…?

L’entretien d’embauche n’est décidément pas ce « combat » fantasmatique avec un vainqueur et un vaincu. Il est plutôt à envisager comme une relation à construire, exigeant un effort mutuel d’empathie auquel il faut se préparer, scrupuleusement.

Yves Maire du Poset

Lire l'article sur Les Echos

Le Journal du Net du 11 octobre 2017 :

Ce piège qui peut faire rater un entretien d'embauche...

Nombreux candidats se font hara kiri en entretien d'embauche en tombant dans un piège fréquent. Il est pourtant très simple à éviter.

Dans l’entretien d’embauche, on croit volontiers que l’objectif premier du candidat est de bien maîtriser son dossier, c’est-à-dire son CV. Or c’est une erreur qui le met, face au recruteur, dans une attitude embarrassante. Comme s’il se trouvait du coup empêtré dans une logique contre performante consistant, pour parler de lui, à dérouler ce CV, scrupuleusement, et à s’y appuyer constamment pour convaincre.

Une conviction discutable alors même qu’aux yeux du recruteur, un tel choix de présentation de son offre et de son parcours est le pire de tous. D’une part parce qu’il a déjà lu ce CV, et d’autre part parce que si ce CV est une présentation de l’offre du candidat, normalement complète, celle-ci reste trop souvent conceptuelle et toujours pétrifiée… Il n’est en effet qu’un papier à vocation administrative qui n’a que peu de chance de séduire le recruteur et certainement aucune de le faire vibrer !

De telle sorte qu’en lui « servant » ce plat indigeste, le candidat tourne le dos à l’idée même de régaler ce recruteur en lui racontant une histoire suffisamment intéressante et structurée pour capter son attention, surtout au démarrage, en la centrant sur ses attentes supposées.  

Le sésame de l’entretien d’embauche. Car la clé d’un entretien d’embauche est d’abord de répondre aux attentes du recruteur. C’est la raison pour laquelle, contrairement aux usages et à ce qui est si souvent enseigné, dans un entretien d’embauche, ce n’est pas le CV qu’il faut privilégier comme arme principale. Mais plutôt, ainsi que le disait Baltazar Gracian, grand maître au XVIIème siècle de la connaissance des Hommes, de savoir dévoiler « son fort » ! C’est-à-dire faire connaître sa plus haute perfection. En d’autres termes, pour faire comprendre qui l’on est, il faut savoir tirer le meilleur de son histoire et de son offre pour installer la relation avec ce recruteur sur de solides fondations.

Or si cette « haute perfection » doit être dite, encore faut-il savoir la raconter. Ce qui suppose de l’avoir travaillée, d’avoir su prendre du recul puis de la hauteur pour en faire une « œuvre » !

Le bon modèle. C’est ce qu’apporte un court papier savamment rédigé sur soi, sur ce que l’on a fait d’intéressant, de concret, de vivant, d’humain… et sur ce que l’on veut faire dans l’avenir. Et, disons-le, il n’est pas besoin d’avoir grimpé sur l’Everest à dos de chameau ou de verser dans la tendance envahissante du « story telling » pour emporter l’adhésion. Ne dit-on pas que la plus simple histoire, bien racontée, peut emporter l’adhésion de l’auditeur quel qu’il soit. Mais encore faut-il l’avoir travaillée, longuement, puis l’avoir ramassée en quelques lignes séduisantes et concrètes…

Enfin, rappelons l’essentiel : ce topo de quelques lignes dont vous allez vous servir au démarrage de l’entretien, est une preuve d’empathie : avec votre histoire, vous entrez dans le monde de l’autre qui ne cherche qu’une seule chose : comprendre.  Sartre dit que ce que nous comprenons nous appartient. Ainsi, faire comprendre son histoire au recruteur, c’est partager avec lui une part de cette propriété qui est la nôtre. Là est le secret de la réussite et le meilleur moyen de bien vendre son offre à cet acheteur potentiel qu’est le recruteur.

Yves Maire du Poset

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