25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 10:41

 

Une idée n'est jamais exprimée clairement : l'incompétence parfois criante des décideurs de notre pays. En économie comme en politique, on est parfois sidéré des résultats incroyables auxquels leurs actions irréfléchies aboutissent. Car enfin comment expliquer autrement que par leur incompétence des énormités telles que le maelström financier récent, l'extinction inexorable de notre industrie, le péril écologique, la situation sociale effroyable* qu'un libéralisme inconséquent fait supporter aux français tout en en repoussant les mauvais effets sur la puissance publique, la croyance aveugle à des institutions comme l'Europe dont l'inefficacité suscite tant la réserve des peuples, l'envahissement pervers de notre territoire par des flots de camions toujours plus nombreux, le dépassement de notre industrie automobile sur la question électrique, l'exclusion des seniors comme des plus jeunes du système économique avec un conflit générationnel qui pointe son nez, etc. Hélas, la liste est longue de ces lames de fond qu'ils continuent à traiter comme des événements, en faisant d'ailleurs, à chaque fois, les étonnés !
Le diagnostic de tout ceci tient en deux mots : nos décideurs ont une véritable incapacité à envisager un autre avenir fait de projets sensés et attractifs sur lesquels les français adhéreraient avec conviction.

Certes ils sortent d'écoles brillantes et ont bénéficié des meilleures préparations. Mais ceci ne saurait les exonérer de toute réflexion sur l'état de leurs compétences afin de leur permettre de conduire enfin les affaires avec une vraie vision à long terme.

A l'heure où l'on invite de plus en plus les personnes à faire un Bilan de Compétences (lors de restructurations par exemple), ces décideurs devraient s'appliquer à eux-mêmes ce conseil ! Et on voit mal pourquoi ils pourraient échapper à une telle démarche de bon sens. Mais dire ceci, c’est prendre le risque d’être immédiatement taxé de populisme, uniquement parce que cela concerne nos chers décideurs…

Car chacun d’entre nous, où qu’il soit, devrait se poser à soi-même ces questions salutaires : où en suis-je de mes compétences dans le métier que je fais ? Quel travail dois-je entreprendre sur moi-même pour assurer mon employabilité et que faut-il faire pour développer mes performances ?

Bref, nos décideurs ne devraient-ils pas, en raison même de leurs immenses responsabilités, donner le bon exemple ? Et d’ailleurs, comment, si instruits fussent-ils de la marche de l’Etat et des affaires, pourraient-ils contester l’intérêt de ce travail sur soi pour mieux se voir tels qu’ils sont ; l’intérêt de profiter d’un échange critique et neutre avec un professionnel de la question ; l’intérêt de se recentrer sur l’essentiel de ce qui produira de la performance ; l’intérêt enfin de sortir de leur milieu, de leurs propres techniques, de leurs pairs, de leurs courtisans ou de leurs clones… Bref l’intérêt de rester employables eux aussi ! Et échapper à cet aveuglement dans lequel, irrémédiablement, nos réalités nous enferment.

 

Parce qu'il en va de notre avenir à tous, ils devraient comprendre que leur passivité sur ce sujet est mortifère ! Mais... lever le nez du guidon, sortir de sa bulle, écouter différemment, comprendre qu’on est beaucoup moins fort tout seul, que la performance n’est jamais le produit de nos seules techniques même si celles-ci sont bien maîtrisées, … tout ceci est évidemment dérangeant ! Travailler sur son ignorance n’est, en effet, pas la moindre des difficultés d’un tel bilan. Et plus on est haut placé, moins on en voit la nécessité ! Nos décideurs, pour le bien du pays, accepteront-ils un tel défi, en seront-ils capables ?

 

 

 * faut-il rappeler que "Souffrance en France", le livre de Christophe Dejours dénonçant les souffrances au travail, a été écrit il y a déjà plus de 13 ans... Que de temps perdu ! 

 

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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 06:34
Comment réussir cet exercice auquel on n'échappe pas dans l'univers professionnel : parler de soi avec justesse de ses compétences, de ses expériences, de ses motivations et de ses talents ? Dans un entretien de recrutement, lors d'une mobilité en interne, d'une intégration dans une nouvelle société, etc. ? Comment réussir son "pitch" ? Comment optimiser son "personal branding" ? En un mot, comment construire un discours sur soi simple, clair, vigoureux et convaincant ?

Pour vous aider, voyez cette vidéo faite par le magazine NEWZY (à ce jour elle a été vue 6318 fois sur Daily motion), vous y trouverez quelques éléments de méthodes utiles pour bâtir votre propre discours, pour construire votre "Story Telling". Ils sont tirés de mon livre "2 minutes pour bien se vendre, l'art de parler de soi" (Editions Leduc, première parution en mars 2008).





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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 06:33
Un Bilan de Compétences; pourquoi faire ? Pour être au clair avec soi-même afin de se mettre dans les meilleures conditions de performance !
Repérer dans son parcours ses succès et ses échecs, ses atouts et ses faiblesses; identifier ses compétences et ses motivations majeures, cerner ses qualités et ses défauts, comprendre enfin le secret de sa puissance professionnelle, tel est l'enjeu d'un bilan professionnel !
Voici dans cette vidéo quelques conseils pour entamer ce travail par soi-même :




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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 06:29
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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 16:50

 

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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 14:44

Un mardi soir de février 2008, dans un bistrot en haut de l'avenue de la Grande Armée, le XVI, j'attends mon ami Olivier de Clermont-Tonnerre qui fait le même métier que moi (mais dans un autre cabinet) et avec qui nous nous retrouvons régulièrement.

Non pour nous complaire dans un lieu de perdition... mais pour bavarder et échanger sur nos expériences et sur les difficultés de ce dur métier qui consiste à accompagner des personnes vers de nouveaux horizons professionnels.

Mon premier livre va sortir dans quelques semaines, je savoure l'idée de ce moment très nouveau pour moi : et si je faisais un tabac du genre Amélie Nothomb...? Bien sûr je plaisante mais tout de même, dans ce genre de circonstance, on a le droit de rêver... Ce qui est sûr, c'est qu'à cet instant, franchement, je n'imagine pas ce qui va suivre...

Olivier arrive et, comme d'habitude, nous parlons de nos succès et de nos difficultés quand soudain, l'idée surgit comme une évidence : nous allons écrire à deux un livre pratique pour conforter nos "ouailles" respectives face à l'épreuve des entretiens de recrutements.

Notre conviction est faite : ces entretiens de recrutement sont une vraie poisse pour tout le monde ! Tout y est fait pour se planter, les pièges y sont légion, le temps va si vite, les idées fusent, les paroles aussi hélas... Ici : "Zut, j'ai dit une c...!" Là : "Aïe, voila la question à laquelle je n'avais pas songé... " ou encore : "Comment ai-je fait pour oublier de dire ceci  ou cela...?"

Bref, l'entretien de recrutement, c'est le lieu où règne l'imprévu. Pire, dans la plupart des cas, il ne laisse hélas derrière lui que des sentiments de frustration, d'incertitude et un flou artistique quant à la suite des événements...

Ce soir-là, nous nous sommes donc dit qu'il fallait répertorier les meilleures parades, repérer les meilleures phrases et aussi celles qu'il valait mieux éviter ! Et qu'un tel livre ferait un excellent entraînement pour tous les futurs recrutés, pour ceux qui veulent quitter leur entreprise comme ceux qui veulent évoluer dans la même entreprise. Nous avons aussi pensé à ceux qui veulent reprendre du collier après une longue interruption, à ceux que l'âge avancé défavorise, à ceux que la jeunesse fragilise, à ceux qui n'aiment pas parler d'argent, à ceux qui craignent les questions embarrassantes, à ceux..., à ceux qui ont tout intérêt à mieux se préparer pour décrocher le job !

Non vraiment, je ne pensais pas ce soir-là qu'à la veille de la sortie de mon premier livre, nous allions, avec Olivier, passer l'hiver 2008 à travailler à ce nouveau livre !

Bonne lecture à tous.

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 18:20

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, je devrais me réjouir, moi qui accompagne les restructurations et le retour à l’emploi. Car les Plans sociaux ou PSE (Plans de Sauvegarde de l’Emploi) fleurissent dans cet immense maelstrom économique ! Hé bien non, cela me met en fureur. Ce qui pouvait être acceptable jusqu’alors (accompagner les salariés dans un reclassement dynamique en cas de justes restructurations) l’est de moins en moins. Car que voit-on ? D’un côté, un manque incroyable de préparation des salariés qui sont « invités à sortir » et de l’autre, un marché de l’emploi qui se réduit comme une peau de chagrin. Un effet de ciseau mortel et terriblement anxiogène dont il est urgent de sortir ! Des moyens existent mais mon métier ne peut se substituer, seul, à ceux qui ont la charge de préparer l’avenir des salariés et celui du marché.

Les salariés sont en effet mal préparés sur les deux sujets principaux permettant de rebondir : une vraie réflexion sur leur valeur ajoutée et sur leur capacité relationnelle. A quoi s’ajoute le plus souvent un problème de niveau d’employabilité dont, généralement, ils n’ont pas conscience. Quelles sont en effet les compétences dont ils disposent ? Quelles sont leurs vraies motivations ? Et quelle est leur personnalité ? Au fond, trois questions simples sur lesquelles ils n’ont pas consacré une minute de réflexion, pas plus que leur entreprise d’ailleurs, pour mieux aborder l’étape suivante, même après 20 ans d’expérience professionnelle. Sur leur capacité relationnelle, le constat n’est pas meilleur : dans neuf cas sur dix, les salariés sont seuls, loin de leurs pairs, coupés du monde et de leurs relais naturels, y compris dans leur propre entreprise. Qui plus est, ils sont handicapés sur le « comment faire ? » pour activer les quelques liens dont ils disposent. Ce n’est pas un hasard si l’on parle tant de réseau dans les journaux…. Enfin lorsqu’un problème d’employabilité se pose, c’est toujours au moment de passer l’obstacle ! Avec un bilan de compétences sous-utilisé, une gestion des carrières quasi inexistante et une formation qui forme avant tout les mieux formés, il faut dire que l’entreprise a sa part de responsabilité dans ce manque cruel de préparation.

Quant au marché de l’emploi, il est terrifiant ! D’un côté, les besoins d’un monde nouveau n’ont jamais été si importants (bâtiments intelligents et propres, transports non polluants, développements technologiques de toutes sortes, aides à la personne, demandes des pays émergents propices à nos exportations, etc.) ; et de l’autre côté, une économie traditionnelle qui se meurt en douceur sans aucun projet alternatif. Il suffit de songer, pour s’en convaincre, aux moyens puissants des grands groupes du CAC 40 et à leur si faible capacité à produire de nouvelles idées, de nouvelles activités, de nouvelles richesses. Ce qui a primé chez eux depuis de nombreuses années, ce n’est pas tant le souci du développement que celui de la gestion ; d’abord en délocalisant sans réflexion sur les conséquences à long terme de telles pratiques ; ensuite en dépouillant progressivement l’entreprise de ses activités périphériques quitte à faire de celle-ci un arbre mort ; enfin en cherchant la synergie à tout prix avec le seul objectif obsessionnel de la rentabilité maximum et instantanée, quitte à priver l’entreprise des ressources nécessaires à la construction de son avenir. Et si l’on ajoute à tout ceci la totale absence de projets politiques et économiques publiques d’envergure, c’est-à-dire intégrant cette difficile notion du long terme, il y a vraiment de quoi s’inquiéter pour qui cherche un emploi. Oui, il faut dire que l’entreprise et les pouvoirs publics ont aussi leur part de responsabilité dans la torpeur du marché actuel !

Nous vivons en effet un incroyable paradoxe que la crise économique accentue : d’un côté, des salariés de plus en plus invités à prendre en main leur avenir et de l’autre, un marché si mal conduit, avec si peu d’esprit de développement et de créativité qu’il laisse tout un chacun dans l’angoisse terrible de celui qui a perdu son chemin !

Un paradoxe que l’on peut, malgré tout, résoudre en agissant sur deux fronts : d’une part en créant les conditions nécessaires à une meilleure prise en main du destin professionnel de chaque salarié et d’autre part en enrichissant le management de l’entreprise comme celui des institutions publiques de compétences de développeur et de créateur qu’à l’évidence, il ne possède pas suffisamment.

Pour les salariés, je suggère de mettre en place au sein de chaque entreprise une vraie réflexion sur l’état des compétences de chacun. Une réflexion guidée par le management mais intégrant la participation de chaque salarié. Avec une idée forte : celle de générer des gains de compétences liés au savoir-être. Car ce dont l’entreprise a besoin pour développer et créer davantage, ce n’est pas tant de technique que de relationnel. Alors apprenons aux salariés à rédiger sur quatre pages les éléments clés de leur valeur ajoutée comme s’il s’agissait de faire leur « plaquette commerciale » afin de les préparer à se vendre en interne comme en externe. Les deux avantages de cette technique sont de permettre au salarié de voir enfin clair sur soi et d’intégrer les autres dans cette réflexion : ceux que l’on côtoie comme ceux à qui cette valeur ajoutée ainsi dégagée est destinée. Dans ce temps de crise dans lequel l’aveuglement règne, en haut comme en bas, c’est le meilleur moyen de mobiliser chacun sur de nouveaux projets pour l’entreprise que tous peuvent partager.

Pour le management de l’entreprise, je suggère de faire le pari de la créativité pour davantage de développement. D’une part en récupérant les bienfaits de l’opération précédente faite avec les salariés et d’autre part en cherchant à muscler leur équipe de managers de profils différents. Trop de clonage assèche les entreprises. On le sait depuis longtemps, la créativité ne peut s’exercer qu’à partir de points de vue qui se sont confrontés. Encore faut-il permettre ces rencontres de profils différents dans l’entreprise, et les gérer. Aussi, décideurs de l’entreprise comme de l’institution publique, sans vouloir faire de vous des adeptes d’une nouvelle discrimination positive, osez intégrer quelques philosophes, quelques psychologues, quelques sociologues à vos équipes d’ingénieurs, d’énarques et de diplômés d’écoles de gestion. Mais oui, osez recruter quelques lettrés ! Croyez-moi, ils en savent plus que vous sur les Hommes et leurs ressorts, sur l’équilibre nécessaire entre l'économique et l'humain mais aussi sur la vision à long terme dont notre monde a tant besoin !  

 

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 18:45

 

 
Étrange… tous ces livres récents qui pointent notre incroyable capacité à freiner la croissance ! Les avez-vous lus ?
 
Il y a d’abord celui de Thomas Philippon, « Le capitalisme d’héritiers » qui nous dit, chiffres à l’appui, que le management de nos entreprises s’évertue depuis la fin du XIXème siècle à « organiser » un mauvais dialogue social. Comment s’étonner après cela du manque de créativité et de dynamisme de nos entreprises ? Il y a ensuite celui de Pierre Cahuc et Yann Algan, « La société de défiance » qui explique les raisons et les conséquences du climat délétère dans lequel la France vit. Engoncée dans une logique de corporatisme et d’étatisme héritée de l’après-guerre, les français cultivent méfiance, incivisme et… mauvais résultat économique. Le troisième enfin de Jean-Marie Descarpentries et Philippe Korda, « L’entreprise réconciliée », qui démontre que l’entreprise fait un très mauvais choix à ne pas mettre le bonheur des salariés, avant tout autre chose, au centre de sa stratégie de développement. Mais oui, le bonheur de travailler produit plus de performance que tout le reste !
 
Trois livres dont les conclusions convergent sur les raisons de nos malheurs : en ne privilégiant pas l’essentiel, c’est-à-dire le climat social, la confiance ou encore la satisfaction de chacun des acteurs concernés, nous brûlons nos cartes maîtresses et nous plombons la croissance ! Défaut de gestion des Ressources Humaines… ?
 
Si l’on veut changer tout ceci, commençons par réfléchir et travailler sur nous-mêmes. Et si nous faisions tous, managers comme managés, un « Bilan de confiance » comme on fait un Bilan de compétences ? En évaluant d’abord celle que nous accordons aux autres mais aussi celle dont nous nous privons nous-mêmes… ? Vaste programme ! Mais peut-on faire autrement pour remettre un peu d’huile dans nos pratiques RH grippées ?
 
Et puis n’est-ce pas là un bon moyen d'éviter à notre Président de la République d'aller chercher « avec les dents » ce point de croissance qui nous manque … ?


* Livres de Thomas Philippon (Le capitalisme d’héritiers, la crise française du travail au Seuil), celui de Pierre Cahuc et Yan Algan (La société de défiance chez Editions rue d’Ulm) et celui de Jean-Marie Descarpentries et Philippe Korda (L’entreprise réconciliée, comment libérer le potentiel des organisations chez Albin Michel)

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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 16:02
"Yves Maire du Poset porte un regard critique sur le bilan de compétences et suggère des pistes pour améliorer ce dispositif, méconnu et pourtant très utile." Suite de l'interview : http://www.anpe.fr/actualites/interview/est_un_15212.html
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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 15:25
"Les responsables des Ressources Humaines ont beaucoup d'efforts à faire pour former les opérationnels à leurs méthodes... Il est essentiel qu'ils maîtrisent les notions de compétences, de motivation et de personnalité qui constituent la matière première de la gestion des ressources humaines..." suite de l'interview : 
http://www.journaldunet.com/management/ressources-humaines/conseil/former-managers-rh/base-grh.shtml 
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